Radio Elvis au Marché Gare

Le groupe Radio Elvis (Facebook) s’est produit mercredi soir au Marché Gare (Facebook) de Lyon.

Ne les connaissant pas, avant de m’y rendre, j’avais d’abord jeté un œil sur leur site.

Objectivement, pas grand chose à y voir.
Une simple photo, que j’aime beaucoup par ailleurs, deux vidéos, et leurs dates de tournées.

Mais au milieu, un texte :

Enfants, nous grandissions au large de tout.
Nous n’avions pas encore de but mais nous savions qu’il nous faudrait tout quitter. Dans la chambre vide de nos parents, nous lisions London et Saint-Exupéry.
À la vidéothèque, sur les rayons déserts, il nous restait Herzog et la fureur de Kinski pour nous donner du rêve. Nous n’avions pas vraiment connu les années 80 mais nous gardions quelques traces d’ Orchestre Rouge ou de Marquis de Sade.
Nous n’avions jamais vu Manchester mais nous connaissions sa musique et ça aussi ça nous exaltait.
Nous étions seuls et pourtant des continents entiers vacillaient sous nos peaux. Des rives du Bosphore, du Rhum de Trinidad, de l’opium de Shangaï nous connaissions le goût, nous n’avions qu’à inventer ce que nous sommes aujourd’hui.
Enfants, nous vivions seuls dans le péril du jour et, lorsque la nuit s’avançait sur nos maisons perdues, nous écrivions de légers poèmes avec l’espoir secret d’exister.
Enfants, nous avions deviné qu’au loin se tramait un festin, nos voyages immobiles devaient nous y mener.

Le large, des écrivains de romans d’aventures s’ils n’étaient pas eux-mêmes explorateurs, un duo du cinéma à la recherche de l’Eldorado, de l’espionnage, de l’exaltation, des continents, des rives, des boissons de marins, des drogues ramenées de leurs voyages…. Un regard sur l’enfance pour mieux se tourner vers un avenir qui devrait, ou plutôt qui ne pourrait que s’épanouir au loin…

Je me demandais si ce texte décrivait des expériences vécues qui avaient façonné le groupe, une sorte d’autobiographie réelle, ou bien s’il s’agissait de quelque chose de fantasmé, d’un texte plus en rapport avec leurs compositions : leurs aspirations qui devaient nourrir leur inspiration.

En tous cas, il était tourné vers l’Ailleurs avec tout ce que ce dernier comporte d’inconnu ou de rêvé.

Il n’y avait qu’une façon de le savoir.

J’ai donc lancé la seconde des deux vidéos présentes, à savoir « La traversée ».
Oui, moi je suis comme ça, je ne lance pas forcément les choses dans l’ordre ! En même temps, tagguée dans le clip comme #1, cela me donnait peut-être finalement raison !
Et là, j’ai immédiatement été séduit par le rythme et la composition.
Je me surprenais rapidement à entonner facilement…

« Qui nous accompagnait… ‘bidibidibi’… Le long de la… Traversée…‘bidibidibi’… Le long de la… Traversée »

Radio Elvis – La traversée :

J’y trouvais déjà un écho, de par son titre, au texte mystérieux. Puis, dans ses paroles.
On retrouvait bien le thème du voyage. Le mystère allait peut-être s’éclaircir.

En tous cas, musicalement, en arrêtant de me prendre la tête sur l’analyse que j’essayais de faire je ne sais même pas pour qui, ni pourquoi, j’étais déjà littéralement conquis.

Une voix claire, avec un je ne sais quoi de « posé ». J’entends par là que même si elle parait jeune, parfois fébrile, il y a une assurance agréable à l’écoute.

Cette première vidéo, seule, ne faisait qu’attiser l’envie de voir Radio Elvis.

Alors… Quand bien-même je la remettais en boucle, et au-delà d’une envie irrépressible de boire du Coca-Cola, je lançais la seconde vidéo.

Radio Elvis – Goliath :

Et là, j’ai eu ma petite claque derrière la nuque. Vracc !
La voix désormais empreinte d’une forte assurance, n’avait plus rien de fébrile.
Je me dis que de chercher sans cesse à comparer de jeunes chanteurs à des artistes « établis » doit les agacer un peu.
Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Alain Baschung en entendant cette chanson. Par le texte, par la façon de l’envoyer.

On y retrouve là aussi un écho au voyage, que ce soit par des moyens modernes ou anciens, qui se solde par une errance sur la mer.

Je pense donc avoir cerné l’inspiration de Radio Elvis.

Ce qui serait drôle ce serait que je me sois planté.
Pour en avoir le cœur net, il ne me restait alors plus qu’une chose à faire pour en savoir plus, aller au concert !
Parce que deux chansons ce n’est peut être pas suffisant pour valider ma théorie.

Alors effectivement, la formation est composée de jeunes garçons. L’allure un peu frêle de son chanteur me refait penser à la fébrilité de sa voix que je percevais dans l’écoute de La traversée.

Mais aucun doute une fois le concert commencé. Il s’impose, occupe l’espace physiquement et vocalement. C’est bon.
Je ne parle pas de jugement de valeur en terme de musique, même si l’adjectif s’y’ applique aussi, mais juste de la sensation qu’elle me fait. Oui, c’est bon.

Quant aux textes, je ne peux pas réécouter en boucle les chansons du concert du coup, mais le thème du voyage est clairement présent.

Alors qu’ils filent, qu’ils filent aussi loin qu’ils le peuvent, en astronef ou en aéronef, peu importe.
Mais ils vont y arriver finalement. Ils vont aller loin, très loin, c’est une évidence.

Souhaitons leur bonne route à ces aventuriers, c’est nous qui ferons de véritables voyages immobiles en les écoutant !

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